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Cinq regards croisés au CRIF sur le procès du gang des barbares


Dimanche 7 Juin 2009

Propos recueillis par Marc Knobel




Que représente pour vous le procès contre les assassins d’Ilan Halimi (le gang des Barbares) ?

Jacques Tarnero, membre du comité directeur du CRIF : au-delà des personnes, ce procès aurait dû être celui des assassins et de ce qui a conduit à commettre leur crime. Car, cet assassinat est un aboutissement. Il est l’effet logique d’un climat qui existe en France depuis plusieurs années. Ce climat a désigné Israël et les Juifs par extension comme étant le malheur du monde. Cependant, il est probable que les assassins d’Ilan Halimi ne s’inscrivent pas dans une pensée politique élaborée, mais ils sont imprégnés de l’air du temps qui désigne les Juifs comme des gens riches, des voleurs, des usurpateurs ou les ennemis des musulmans !

Pierre Levy, délégué régional du CRIF Alsace : l’assassinat d’Ilan Halimi devrait donner à réfléchir sur l’antisémitisme alimenté par des clichés stéréotypés.

Yonathan Arfi, conseiller du président du CRIF : ce procès c’est celui de l’antisémitisme, d’une génération et des préjugés. Je crois que c’est aussi le témoignage du fait que l’on a encore une certaine prégnance des préjugés antisémites dans la société française.

Pr Bernard Kanovitch, président d’honneur de la commission des relations avec les musulmans : le phénomène dit des banlieues ou des « quartiers difficiles » trouvent son accomplissement dans la violence antisémite telle qu’elle s’est manifestée lors de l’assassinat du jeune Ilan Halimi. Le laisser faire dans ces zones urbaines (trafic en tout genre, zone de non-droit, non respect de la loi républicaine, méconnaissance des règles élémentaires de la vie en société) aboutit de façon exemplaire au meurtre qui devait être celui d’un jeune Juif, parce qu’il est porteur de tous les stéréotypes que la société laisse se développer.

Simon Midal, membre du comité directeur du CRIF : ce procès est d’abord à huis-clos, ce qui me gêne terriblement étant donné qu’il est question de racisme. Il devrait avoir valeur d’exemple.


Qu’attendez-vous de la justice ?

Jacques Tarnero : la justice doit remplir son rôle, elle doit condamner les coupables. Je déplore néanmoins que ce procès ait été mené à huis-clos.

Pierre Levy : j’attends de la justice, un jugement exemplaire parce que l’assassinat d’Ilan Halimi est un acte odieux. Mais, j’attends aussi de l’éducation nationale, cette fois, une action préventive et éducative.

Yonathan Arfi : que la justice fasse son travail sereinement ! Qu’elle punisse les coupables de la manière la plus juste qui soit ! Dans un rôle secondaire, la justice a une portée symbolique. J’attends donc qu’elle en est conscience, même si son rôle est évidemment de juger les cas particuliers et les assassins d’Ilan.

Bernard Kanovitch : Le respect de la justice est fondamental depuis l’enseignement de la Thora (« la justice, la justice que tu poursuivras ! » ; donc cette injonction répétitive de la Thora marque l’importance de la justice dans la mentalité biblique et dans la société juive au cours de son histoire. Nous conclurons par un des versets des psaumes : « la justice et la paix s’embrassent ». Je dirai alors : il n’y aura pas de paix s’il n’y a pas de justice !

Simon Midal : la justice a tous les éléments en main. Elle se doit de juger implacablement tous les assassins d’Ilan Halimi et pas seulement Youssouf Fofana, compte tenu de l’horreur particulièrement atroce de ce meurtre.

Propos recueillis par Marc Knobel






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