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"Gang des barbares" : pourquoi les institutions juives refusent le huis clos


Mercredi 29 Avril 2009

A l'image de Francis Szpiner, l'avocat de la mère d'Ilan Halimi, torturé à mort par le "gang des barbares" en 2006, les représentants des institutions juives de France ont toujours souhaité que le procès des tortionnaires qui s'ouvre à Paris, mercredi 29 avril, soit public. "C'est la loi du silence qui a tué (Ilan) ; ce serait intolérable qu'elle s'impose encore aux assises", a estimé l'avocat de Ruth Halimi, en réponse aux deux accusés, mineurs au moment des faits, qui ont droit au huis clos.




Lire l'article sur le site du Monde


"A huis clos, le procès n'aura pas le retentissement qu'il aurait dû avoir", dénonce Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Ce dernier souhaitait que des audiences publiques puissent mettre en évidence "les sources de cette haine du juif à l'état brut qui s'est manifestée durant le martyre de ce garçon". "Faut-il les chercher dans les facteurs économiques, les discours de Dieudonné, le conflit israélo-palestinien ?", s'interroge-t-il, persuadé que l'on n'est pas dans cette affaire face à de "l'antisémitisme au sens d'une idéologie organisée".

Pour l'hebdomadaire communautaire Actualité juive, en revanche, la filiation est claire. En "une" de son édition du 23 avril, le magazine, qui consacre sept pages au procès, établit un raccourci explicite en titrant quelques jours après le scandale provoqué par les propos du président iranien à Genève "Ahmadinejad : les paroles ; Fofana : l'acte".

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) regrette, elle, l'absence au tribunal des associations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme qui souhaitaient se porter parties civiles. "En outre, le possible huis clos va donner à ce procès la tonalité d'un drame familial alors qu'il aurait fallu faire le procès des préjugés qui tuent et de l'antisémitisme du XXIe siècle", juge Raphaël Haddad, son président.


CÉRÉMONIE DU SOUVENIR


Un sondage rendu public en mars par l'association juive et SOS-Racisme lors des Assises nationales de la lutte contre les préjugés indiquait que pour "38 % des Français, les juifs ont une influence particulière dans les finances et les médias". "Les germes qui ont provoqué le drame d'Ilan sont toujours là", assure M. Haddad, en phase avec M. Prasquier. Ce dernier se déclare en effet convaincu qu'il y a aujourd'hui "d'autres Fofana en graines".

Survenus en 2006, période de décrue des actes antisémites après la vague du début des années 2000, l'enlèvement et la mort d'Ilan Halimi avaient particulièrement marqué la communauté juive et suscité de nombreuses réactions politiques.

Le premier ministre de l'époque Dominique de Villepin et le président de la République Jacques Chirac avaient assisté à une cérémonie religieuse en mémoire de la victime à la synagogue de la Victoire à Paris. Le 26 février 2006, une dizaine de jours après la mort du jeune homme, plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, avaient défilé à Paris pour dénoncer ce crime.

Ce rassemblement organisé notamment à l'appel de SOS-Racisme et du CRIF avait principalement été suivi par des membres de la communauté juive. Le chef de l'Etat israélien, Moshé Katsav, avait présenté ses condoléances à la famille du jeune homme.

Un an plus tard, à la demande de sa mère et avec le soutien de l'Agence juive, qui oeuvre à travers le monde à l'installation des juifs en Israël, Ilan Halimi a été réinhumé dans le grand cimetière de Jérusalem. Chaque année à Bagneux, ville où fut torturé le jeune homme, une cérémonie du souvenir est organisée par la ville le jour anniversaire de sa mort ; 150 personnes s'y sont retrouvées le 13 février.

Stéphanie Le Bars
Article paru dans l'édition du 30.04.09.






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