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Interview des fondateurs de Raison Garder


Vendredi 24 Juin 2011

Il y a quelque temps survenait JCall, un pétition accusatrice à l'égard d'Israël et politiquement correcte largement relayée par les média français et européen. Sous le couvert d'un Appel à la Raison (s'accaparant ainsi le monopole de la Raison) ce mouvement aboutit à une pétition inique et dans la ligne de la critique européenne d'Israël c'est à dire lui niant toute souveraineté sur sont propre territoire et dans les choix de sa destinée d'état : "we know that the danger also lies in the occupation and the continuing pursuit of settlements in the West Bank and in the Arab districts of East Jerusalem" est l'une des nombreuses perles qui émaillent ce texte stalinien et amnésique de l'histoire élémentaire de ce pays et, ce qui est plus pervers, établit sont mouvement sous couvert de défendre Israël...




Interview des fondateurs de Raison Garder
Peu après survenait en réaction à cette prise en otage de l'opinion juive européenne un contre mouvement : "Raison Garder" qui visait à donner de la voix à une pensée "légèrement" différente mais qui n'en été pas moins partagée par de nombreux, et en fait de beaucoup plus nombreux (11366 signataires contre un peu plus de 6000 pour JCall), juifs et non juifs de France et de tout pays du monde.
Voici aujourd'hui, et par un de ses fondateurs, une analyse critique, dans une interview, de la situation actuelle à la fois à l'intérieur du monde juif, d'Israël et à l'extérieur (Europe, France, reste du monde). D'accord ou pas d'accord cela fait réfléchir :

Source: ici,
JCall,
Raison Garder

La réplique de la pétition Raison Garder à celle de J-Call a montré que « la rue juive » ne s’aligne pas sur l’attitude des intellectuels et des institutions juives de France. Doit-on parler de « fracture », de populisme, ou de réveil ?

Vous reprenez là, sans y prendre garde - parce que c’est l’opinion commune - une idée toute faite qui ne correspond pas à la réalité et dont la finalité est stigmatisante. « Raison Garder » ne représente pas « la rue juive » mais une majorité de la communauté juive, de France, et d’ailleurs car nous avons de nombreux signataires de toutes parts, y compris non-juifs. Comment parler de la « rue juive », concept supposé méprisant et élitiste dans l’acception contemporaine, alors que parmi nos 12 000 signataires nous avons 165 professeurs et enseignants d’université, 56 chercheurs, 496 enseignants, 387 ingénieurs, 639 chefs d’entreprise, 126 avocats, 539 médecins, 69 écrivains, 91 journalistes, 30 rabbins, 18 prêtres et pasteurs ?

C’est tout le spectre de la société juive qui est ici mobilisé. De ce point de vue, on peut considérer qu’il existe, hélas, une fracture de fait dans le monde juif et pas seulement en France, qui concerne la définition fondamentale de ce que doit être l’existence juive. Cette fracture caractérise aussi la société française et on ne voit pas pourquoi les Juifs qui y sont immergés ne souffriraient pas du même syndrome. Je dirais que l’écho de notre pétition manifeste le réveil d’une majorité de l’opinion juive qui ne se retrouve pas dans le discours dominant.

« A-t-on le droit de critiquer Israël », pour reprendre le titre de Pascal Boniface ?

Quand la critique vise à le délégitimer sur le plan de son existence, c’est un appel à sa destruction. L’antisionisme est en effet une idéologie qui vise l’Etat d’Israël dans son être même, et pas seulement la politique de son gouvernement. Elle vise donc à l’extermination de 5,6 millions de Juifs – dont l’Etat n’aurait aucune raison d’exister, voire même serait une faute morale intrinsèque - car on peut supposer que ces Juifs n’accepteront pas de se faire hara-kiri. Le sionisme est le discours fondateur de l’existence d’un Etat d’Israël comme la révolution de 1789 l’est pour la République. Le jugement d’Israël dans le discours antisioniste s’appuie sur des critères qui ne valent que pour lui, ce qui est la caractéristique du racisme. Il se drape dans une rhétorique moralisatrice qui ne trompe que ceux qui sont déjà prêts à être trompés.

Un des derniers exemples : la flottille « humanitaire », pourquoi ne se détourne-t-elle pas de Gaza, où les Gazaouis viennent de lancer leur premier prototype de voiture de course ; vers Lattaquié où le dictateur syrien assoit dans le sang sa continuité ? Vous avez vu des manifestations dans le monde entier contre la Syrie ? Et où est le scandale de la France pour les « bavures » et les « assassinats ciblés » (« assassinats » dixit Sarkozy) en Afghanistan et en Libye ?

« Raison Garder » a fédéré d’autres voix. De quelle façon se poursuit son action, son influence au sein de la communauté, et au-delà ? Participe-t-il d’un renouveau ?

Nous avons voulu camper une posture morale et intellectuelle, structurer intellectuellement une opinion qui est couramment traînée dans la boue. C’est chose faite, nous avons organisé plusieurs colloques qui sont disponibles sur notre site. Nous avons publié des textes importants dans la revue Controverses (controverses.fr) et notamment il y a quelques jours est sorti le dossier sur « l’avenir de Jérusalem », qui reprend les textes présentés à notre colloque du même nom. L’accueil est très chaleureux de toutes parts et les gens vont jusqu’à nous témoigner leur soutien dans la rue, aussi bien en France qu’en Israël, ce qui aide car cette position nous vaut une certaine solitude aussi bien dans la communauté juive que dans la société française.

L’une de vos cibles est la diabolisation que subit Israël et le « narratif palestinien » tenu par les élites. Comment des réseaux sociaux peuvent-ils affronter les grands médias, en Europe, dont le regard porté sur les événements souffre, de façon criante, de subjectivité idéologique ?

Il y a tout de même un problème de fond : que notre pétition qui a recueilli tant de signatures se soit vue totalement censurée dans les médias (y compris dans certains médias communautaires), si l’on compare avec la publicité des positions de JCall, quand elle n’a pas été caricaturée d’un revers de main par la stigmatisation habituelle. Nous nous heurtons objectivement à une censure. Que l’on soit d’accord ou pas avec notre position, nous existons sur le terrain et avons un droit démocratique d’exprimer et de soutenir notre point de vue. Ici aussi, on peut retrouver l’abîme qui sépare le discours médiatique de l’opinion publique dans la société en général.

C’est une situation très dangereuse pour la démocratie. « Subjectivité idéologique » est une expression trop choisie. C’est bien plus violent que cela. La gent médiatique croit qu’elle a le pouvoir de décider de ce qui est un événement ou pas. C’est ignorer ce qu’est le réel. Le retour en masse du principe de réalité installera le chaos, dont on sent déjà les prodromes avec la progression dans l’opinion de l’extrême-droite.

Comment voyez-vous l’échéance de septembre à l’ONU, où Mahmoud Abbas dit vouloir faire reconnaître unilatéralement un Etat palestinien ?

Shmuel Trigano a publié un exercice de simulation de ce qui pourrait se passer. Le plan palestinien est éventé : en s’appuyant sur Durban III, l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, la déclaration palestinienne a pour finalité de faire ipso facto d’Israël un Etat en infraction avec la loi internationale dans les territoires et à Jérusalem. On peut faire confiance à l’OLP et au réseau islamique mondial pour mettre le monde en effervescence et provoquer des drames sanglants qui poussent à une intervention internationale qui imposera à Israël la volonté de l’OLP. On n’est dès lors plus dans la logique de l’Autorité palestinienne qui n’existe que par la volonté d’Israël selon les Accords d’Oslo. La déclaration vaut pour rupture. Israël devrait alors se sentir libre de toute obligation envers l’Autorité palestinienne comme institution.

Le futur proche d’Israël est-il nécessairement sombre ?

En politique, on ne doit pas avoir d’états d’âme. Il y a des situations auxquelles il faut se confronter pour faire triompher ses intérêts. Mais il est clair que dans l’imagination des ennemis d’Israël, il y a sa destruction, de préférence en douce (le fameux « plan par étapes » de l’OLP, sans cesse réitéré) ou dans la violence. C’est le seul Etat de la planète qui est perpétuellement au dessus de l’abîme de la destruction. Cela en devient une condition métaphysique. Je dirai même théologique. Il importe au peuple juif et à ses amis de faire échouer ce plan. Le drame c’est que l’on a le sentiment que la volonté de vaincre s’est perdue dans l’âme juive.

On observe une sorte de « panique » des diplomaties, à cause du « printemps arabe » et de ses incertitudes. En quoi le « processus de paix » répond-il ou pas à cette angoisse d’un Orient incontrôlable ?

L’hypothèse romantique du « printemps arabe » sera démentie par les faits dans les mois qui viennent. Les vagues qui secouent le monde arabe démontrent que contrairement à ce que les Européens veulent croire, le problème du monde arabe ce n’est pas le conflit israélo-arabe mais un univers politique autoritaire, une culture qui ne favorise pas la liberté ni le développement économique. Nous avons assisté au contraire au début de l’effondrement de l’Etat-nation arabe qui n’a jamais su fonder une véritable citoyenneté. C’est plutôt la Oumma (« nation de l’Islam ») qui pointe le bout de son nez dans ces mouvements de masses.

Quelles actions vous-même et d’autres pensez-vous lancer pour sensibiliser l’opinion sur la légitimité d’Israël ?

Nous ne sommes pas un mouvement idéologique, ni un parti politique, au plus un mouvement d’opinion et nous entendons le rester. Notre vocation est de manifester le non-dit, de clarifier les questions, de poser les enjeux et les dilemmes, mais avec une conviction absolue en la légitimité de l’existence du peuple juif, de son droit entier à une souveraineté politique, de sa liberté de sujet de l’histoire. La légitimité, vous savez, dépend d’abord du sujet légitime. Si vous croyez en vous, vous serez légitime. Le drame actuel du peuple juif, c’est que la décomposition est venue d’Israël, à travers le « post-sionisme » et l’idéologie démissionnaire et sacrificielle qui sévit dans une partie de ses élites.







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