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Intolérance et xénophobie : «apéro géant saucisson, pinard» et drapeau tricolore brûlé, par Marc Knobel


Mercredi 16 Juin 2010

Décidemment, on trouve de tout sur Facebook. Dernièrement, un groupe Facebook fort de 3 700 membres a décidé d’organiser un "apéro géant saucisson et pinard" dans le quartier parisien de la Goutte d’Or, vendredi 18 juin date anniversaire de l’appel du Général de Gaulle, le 18 juin 1940.




L’invitation a été lancée le 21 mai dernier sur Facebook par Sylvie François, habitante du quartier « de père en fille depuis trois générations », qui énonce les raisons de son appel : « Parce que la rue Myrha et d'autres artères du quartier sont occupées, particulièrement le vendredi, par des adversaires résolus de nos vins de terroir et de nos produits charcutiers ». Alors que le fantasme en agite plus d’un -fantasme qui consiste à prétendre qu’on ne trouverait plus d’alcool ni de porc dans le quartier-, on apprend qu’un drapeau tricolore a été brûlé sur la façade de la mairie de Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne. Rappel des faits.

Saucisson et pinard ?

Aux yeux de Sylvie François, interrogée par le site Riposte laïque, il s’agit ni plus ni moins d’ « occupations illégales et, pour le coup, très ostentatoires ». « Trouver du pinard et du saucisson à la Goutte d’Or, depuis un certain temps, relève de l’exploit !, renchérit-elle. Je ne vous parle même pas de pouvoir en consommer au troquet du coin… La déferlante musulmane dans le quartier est en train de nous imposer la prohibition islamique des produits de nos terroirs. » L’initiative de Sylvie François qui ne se réclame pas, à titre personnel, d’une quelconque filiation politique, est pourtant soutenue par des groupes d’extrême droite, comme le Bloc identitaire, notamment…

L’association SOS-Racisme a demandé l’interdiction d’un tel rassemblement. « Cet apéro est clairement raciste. Les organisateurs se basent sur les mêmes principes que l'association Solidarité avec les Français [qui comptent parmi les associations de soutien à l’apéro 'saucisson et pinard' de vendredi] qui avait organisé une distribution de soupe au cochon pour les SDF en 2007 », fait remarquer l’association sur le site Le Post.fr. Il faut rappeler à cet égard que cette initiative de "soupe au cochon" avait été interdite en 2007 par le Conseil d’Etat pour son caractère "discriminatoire" pour les musulmans et les juifs qui en étaient ainsi délibérément exclus (1). Enfin, selon Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « on assiste à une libération de la parole raciste depuis plusieurs mois ». « C’est notamment le débat sur l’identité nationale qui est apparu comme un espace de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population », écrit SOS Racisme. « Un nombre substantiel de réunions nous font honte tant les propos qui y ont été tenus, ont heurté nos consciences de républicains et de démocrates, attachés aux valeurs du vivre ensemble ».

Selon Libération (15 juin) l’apéro devrait être interdit par la préfecture de police (PP). « Nous avons engagé une procédure contradictoire qui pourrait conduire à l’interdiction de la manifestation », explique la PP.

Outrage à Villeneuve-Saint-Georges

Au même moment, nous apprenions en lisant le blog de Patrick Lozès (2), fondateur et premier président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) que le drapeau tricolore accroché sur la façade de la mairie de Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne a été brûlé dans la nuit du 13 juin et remplacé par un drapeau algérien. « Les auteurs de cet inacceptable outrage à la République et à l’un de ses symboles n’ont pas encore été identifiés », regrette Patrick Lozès.

«Je condamne fermement cet acte », a, quant à elle, déclaré Sylvie Altman, maire de la ville, dans un communiqué. Le directeur du cabinet du maire était d'autant plus étonné que le Mondial est d'habitude un moment particulièrement festif dans sa ville : « Villeneuve-Saint-Georges est une ville multicolore, interculturelle. Il y a des drapeaux de tous les pays qui participent au Mondial partout devant les bars, et une ambiance festive », a-t-il raconté. Dès que l'incident a été constaté lundi matin, la mairie a porté plainte. « Des empreintes ont été relevées, on a fait tout ce qu'il fallait pour que la police puisse faire son enquête », a commenté Julien Zoughebi, rapporte Le Point.fr. Quant à Cécile Duflot, maire adjointe de la commune et secrétaire nationale des Verts, elle a indiqué que cet incident était « souciant », mais qu’il a lieu « dans un contexte de coupe du monde ».

Doit-on pour autant tolérer -malgré le contexte de coupe du monde- que l’on outrage les frontons de nos mairies ?

Conclusion provisoire

Il est grand temps de rappeler quelques valeurs essentielles en République, au moment ou les actes de discrimination se multiplient, notamment par des refus d’accès à des lieux ouverts au public ou encore par des appels au boycott de produits étrangers, d’atteintes aux biens, tels que les incendies volontaires de lieux cultuels, ou d’atteintes aux personnes caractérisées par des agressions physiques ou morales ; au moment aussi où l’on brûle le drapeau tricolore ! Il faut rappeler notamment cette valeur essentielle qu’est le respect.

Le respect est le sentiment de considération et d'égard, que l'on peut avoir envers un individu ou quelque chose. Il se manifeste par une attitude de déférence et le souci de ne pas porter atteinte à l'objet du respect, ni le heurter inutilement. Tout simplement.

Notes :

1) Par une ordonnance du 5 janvier 2007, le juge des référés du Conseil d’État a rejeté la demande de l’association « Solidarité des Français » tendant à la suspension de l’arrêté du préfet de police du 28 décembre 2006 interdisant à Paris, pendant quelques jours, les rassemblements envisagés par cette association en vue de la distribution sur la voie publique d’une soupe contenant du porc, dénommée « soupe au cochon ». En première instance, le juge des référés du tribunal administratif de Paris avait, à la demande de l’association « Solidarité des Français », suspendu l’arrêté du préfet de police en application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Cet article prévoit une procédure, dite de « référé-liberté », qui permet au juge des référés de prendre en urgence, à titre provisoire, toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale, lorsqu’il est porté à cette liberté, par une autorité administrative, une « atteinte grave et manifestement illégale ».

Saisi de l’appel formé par le ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire contre l’ordonnance rendue en première instance, le juge des référés du Conseil d’État a rappelé que, selon un principe traditionnel en matière de police administrative, le respect dû à la liberté de manifestation, qui était invoqué par l’association « Solidarité des Français », ne fait pas obstacle à ce que l’autorité investie du pouvoir de police interdise une activité si une telle mesure est seule de nature à prévenir un trouble à l’ordre public. En l’espèce, il a estimé, contrairement au juge des référés du tribunal administratif de Paris, que, eu égard au fondement et au but des distributions de « soupe au cochon », portés à la connaissance du public par le site internet de l’association, le préfet de police n’avait pas, en interdisant provisoirement ces distributions, porté une « atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de manifestation. Il a, par conséquent, annulé l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Paris et rejeté la demande de suspension de l’arrêté du préfet de police présentée par l’association « Solidarité des Français ».

2) http://patricklozes.blogs.nouvelobs.com






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