Joke : conversation téléphonique hélas très fréquente
Mardi 9 Mars 2010
Source : CRIF
-Salut Moshé. -Oui, j’écoute. Qui est-ce ? -C’est Jean-Louis. -Bonjour. -Dis donc, je t’ai appelé plusieurs fois la semaine dernière. Tu n’étais pas là… -Non, j’étais en Israël. -Ah oui ? Dans ton pays… -Jean-Louis, je te rappelle que je suis de nationalité française ! -Oui, bien sûr. Ne prends pas la mouche tout de suite… -Non. -Ok. Mais, vous les juifs, vous allez souvent en vacances en Israël… -Je ne sais pas sur quoi tu te bases pour être aussi catégorique. C’est étonnant. Mais, peu importe, après tout… Et toi, alors ? Tu es franc-comtois, je crois. Non ? -Oui et alors ? -Dis-moi, tu vas souvent dans le Jura en vacances ? -Tout le temps. -Est-ce que moi, je t’en fais la remarque ? -Non. -Alors ? -Oui, mais le Jura, ce n’est pas Israël. C’est la France. -Certes, qui te dit le contraire. Je vais très souvent en vacances en France et j’adore la Bretagne. -Je ne te le fais pas dire. Alors, en ce cas que vas-tu foutre en Israël ? -C’est un délit de passer des vacances en Israël, tu crois ? -C’est pour le moins étonnant, surtout lorsque l’on sait comment vous traitez les Palestiniens. -Vous ? -Oui, enfin, les israéliens. Moi, en tout cas, je n’irai pas là-bas. -Tu n’iras pas là-bas ? Par contre, tu passeras deux semaines à Cuba… -Oui, c’était chouette d’ailleurs. -De quoi ? les prisons cubaines ? Les sidatoriums ? -Mais non… -Tu vois, moi aussi je peux te titiller, Jean-Louis ! -Oui, mais tu me connais ! J’aime bien t’embêter (rire). -Cela je le sais. Mais, tu devrais faire la part des choses. J’aimerai que tu comprennes que, dans ce conflit, il faut dépasser la passion et le manichéisme. -De toute manière, moi je m’en fiche d’Israël. Et je suis pour la création d’un Etat palestinien ! -Moi aussi, Jean-Louis. Et, cet Etat se créera bien un jour prochain. Les israéliens le conçoivent et l’admettent eux-mêmes. -Alors, qu’est ce que vous attendez ? -Je ne suis pas « vous ». Je ne suis pas israélien. Je ne peux pas parler en leur nom et à leur place… -Mouais… -Les israéliens et les palestiniens vivent côte à côte, les uns à côté des autres. Il leur faudra surmonter leur méfiance, leur peur et la haine. Cela prendra du temps. Mais, je crois que le processus de paix ira de l’avant. -Allez Moshé, ne te mets pas dans cet état là. Ce n’est pas toi qui martyrise les palestiniens ! Tu as raison, après tout. -Et ce n’est pas toi qui te fais sauter dans un bus en Israël : 30 morts ! Ce que tu peux être con avec tes remarques ! Tu sais, si j’allais autre part, dans un autre pays, tu ne me dirais rien. C’est cela qui m’énerve. -On ne peut rien vous dire, de toute manière. -Mais si, on peut dialoguer, être en désaccord, crier même, ou critiquer une politique et un Etat. -Mais, de grâce, arrête de cogner sur Israël ! -Je ne cogne pas. -Sans t’en rendre compte, lorsque l’on parle d’Israël, tu me fais toutes sortes de remarques et tu personnalises à mort. Je suis un homme épris de paix. Je crois que les hommes surmonteront leur peur et iront de l’avant. Mais, je suis aussi soucieux de la sécurité d’Israël. C’est tout. -D’accord, ok. Allez, je n’ai plus le temps de te parler. Bon retour chez nous. Chez moi, oui. Même si j’ai déjà une certaine nostalgie d’Israël. Au moins là-bas, on me laisse tranquille… (sic) -Salut. -Salut.