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L'INFLUENCE DE TSAHAL SUR LE MANAGEMENT EN ISRAËL


Jeudi 4 Février 2010

EGE FRANCE ISRAËL - A L'ECOLE DE GUERRE ECONOMIQUE, UNE CONFERENCE SUR "L'INFLUENCE DE TSAHAL SUR LE MANAGEMENT EN ISRAËL". CHRISTIAN HARBULOT A INTRODUIT L'EXPOSE-DEBAT DE Dr DANIEL ROUACH ET MAXIME PEREZ




Source IsraelValley

EXCLUSIF – « L’influence de Tsahal sur le management en Israël ». : le Dr Daniel Rouach (Professeur à l’ESCP Europe et auteur du Que sais-je ? “Veille Technologique et Intelligence Economique”. ) et Maxime Perez (Journaliste à Tel-Aviv) ont partagé leur expertise sur ce sujet avec les élèves de l’Ecole de Guerre Economique à Paris. La conférence a été préparée par Sébastien Demailly et introduite par le célèbre patron de l’EGE, Christian Harbulot.

COMPTE-RENDU – Mardi 2 février 2010, à l’Ecole de Guerre Economique à Paris, a eu lieu la conférence introduite par Christian Harbulot et co-animée par Daniel Rouach et Maxime Perez sur le thème de l’influence de Tsahal sur le management israélien.

Maxime Perez a tout d’abord dressé un tableau pointilleux de l’armée israélienne. De ses origines remontant à 1948 jusqu’à l’armée puissante que l’on connaît aujourd’hui, Maxime Perez s’est attaché à démontrer que Tsahal a toujours été bien plus qu’une machine de guerre.

Parmi les points essentiels caractérisant l’armée israélienne, on relève notamment le rôle déterminant joué par les nombreux réservistes israéliens, mobilisables en moins de 72 h, mais également une doctrine forte qui se manifeste par exemple à travers le code moral encadrant les agissements des soldats israéliens. Au cours des décennies, Tsahal est ainsi devenue une véritable marque « made in Israel » bâtie grâce à l’adhésion des Israéliens à cette « armée du peuple » où jeunes hommes et jeunes femmes servent en parité dès leur bac en poche. Le savoir-faire accumulé au cours de son histoire, ponctuée de nombreux conflits, a ainsi hissé l’Etat d’Israël à la 4ème place des exportateurs d’armes dans le monde, confirmant par là même, l’autonomie de son industrie d’armement portée par ses leaders les plus emblématiques. Autre clef essentielle : le culte du secret qui assure la pérennité de l’armée israélienne.

L’enjeu du service militaire

Le service militaire obligatoire est certainement la pierre angulaire de ce phénomène de société qu’est l’armée israélienne. Ce passage obligé pour tous les jeunes ayant atteint la majorité est, sans conteste, source d’une exceptionnelle diversité pour Tsahal. Il lui permet notamment de recruter les meilleures élites israéliennes et l’armée leur propose même des programmes de formation de haut niveau très prestigieux dans le pays.

Ce lien avec le peuple israélien est par ailleurs prolongé par l’intermédiaire des périodes de réserve annuelles qui assurent une certaine continuité dans les troupes israéliennes. Cette continuité générationnelle se traduit également à travers les leçons tirées des différents conflits qui ont jalonné l’histoire d’Israël. Les innovations technologiques qu’ils ont provoquées ont favorisé les partenariats avec l’industrie des nouvelles technologies, fer de lance de l’économie israélienne.

Cet échange permanent entre Tsahal et la société israélienne s’observe enfin à travers le « recyclage des généraux ». L’expérience militaire est en effet très valorisée par les recruteurs israéliens, au même titre que tout autre expérience professionnelle. Maxime Perez a achevé son exposé en citant l’exemple de Moshé Kaplinsky qui a occupé plusieurs postes de premier rang au sein de Tsahal et qui, aujourd’hui, dirige la société Better Place. Cette société, convoitée par nombre d’industries automobiles internationales, construit aujourd’hui la première voiture électrique en Israël.

Daniel Rouach a ensuite développé le rôle de Tsahal dans le management en Israël. Après avoir rappelé la classification des différents clusters dans le monde*, celui-ci a tout d’abord dépeint les particularités du cluster israélien qu’il qualifie de « cluster isolé » au vu de considérations géopolitiques évidentes. Ce cluster, malgré tout fleurissant, est construit autour de plusieurs éléments clefs qui en assurent le succès. A commencer par une formation universitaire de haut niveau dont le Technion de Haïfa et l’Institut Weizman sont les premiers ambassadeurs.

L’implication du gouvernement est également déterminante ne serait-ce qu’à travers sa politique d’investissements dans l’éducation et les recherches et développements. Autre ingrédient de ce schéma de réussite : la richesse du tissu économique avec des sociétés de grande renommée comme Teva, Rafael ou Bezeq International.

Daniel Rouach a aussi signalé le rôle joué par les incubateurs, sources d’innovations et de créativité exceptionnelles, ainsi que le rôle déterminant des transferts de technologies opérés notamment depuis l’armée israélienne. Toujours dans le cadre du cluster israélien, il a souligné l’importance de l’esprit d’entreprenariat, duquel les jeunes dirigeants israéliens ont souvent été imprégnés lors de leur passage dans l’armée israélienne.

Le service militaire : « des moments de vérité » à l’école de la résilience

Il a ensuite logiquement été question de cette particularité israélienne liée à l’influence de son armée. Tout Israélien, et en particulier, tout manager israélien, y a vécu de véritables « moments de vérité » au cours desquels s’est formée, non pas une volonté de faire mieux, mais véritablement une volonté de réussir, d’aller au bout de ses objectifs.

C’est, en langage commando, ce qui est appelé le « killing spirit ».
Ces « moments de vérité » ont, de plus, été vécus au sein d’une équipe soudée qui, bien souvent, persiste longtemps après le service militaire. Entre un simple légumier et le plus grand dirigeant israélien, il peut tout à fait exister ce type de lien indéfectible.

Se tisse alors au sein de la société israélienne un réseau complexe de relations, extrêmement propice à l’esprit d’équipe, véritable ferment de projets réussis et de création. On peut aussi distinguer un esprit de solidarité propre au milieu de l’armée, où les soldats les plus affaiblis ont parfois besoin de l’aide de leurs camarades. Cette solidarité aux plus faibles est quelquefois perceptible au sein même du système économique israélien.

L’armée israélienne est également une école de la résilience. On y apprend à tomber, mais surtout à se relever. Cette capacité se reflète de manière économique. Israël foisonne en effet de milliers de start-up tour à tour fleurissantes, délaissées, puis de nouveau relancées. Les managers israéliens ont parfois cette tendance à « se relever » sans cesse, à ne pas s’obstiner dans un projet qui s’avère non fructueux et à finalement tout recommencer à zéro dans un nouveau projet. Cette facilité à renaître de ses cendres nécessite bien évidemment, à l’armée comme dans le milieu économique, un management du stress à la hauteur.

L’expérience de l’armée et des périodes de crises qu’elle traverse régulièrement est en cela extrêmement formatrice. Daniel Rouach a également évoqué les facultés d’apprentissage et de remise en question bien souvent développées dans les rangs de l’armée. Ces facultés sont couplées à une flexibilité et une réactivité indéniables. A l’image des réservistes qui peuvent être mobilisables en moins de 72 heures, les managers israéliens savent se rendre disponibles à tout moment pour la réussite de leur entreprise.

On décèle par ailleurs chez les managers israéliens une certaine culture de l’immédiateté des résultats qui n’est pas étrangère à cette réactivité. Cette obsession de l’immédiat est sans doute liée à un lendemain qui n’est pas toujours assuré ou qui est, tout au moins, incertain.

Avant de conclure, Daniel Rouach a cité la réussite exemplaire de la société israélienne Given Imaging qui a mis au point des pilules endoscopiques capables de toutes sortes de choses. Cette réussite est exemplaire en ce qui concerne le transfert de technologies de l’armée israélienne à l’industrie, puisque ces pilules sont inspirées de recherches réalisées par Tsahal. Mais elle traduit surtout ce passage de l’impensable conception de pilules nanotechnologiques à la réalisation effective de pilules télécommandées, d’une guerre perdue d’avance face à un ennemi en surnombre à une victoire qu’aucun stratège n’aurait prédit.—

Cette classification fait partie des travaux de recherche notamment développés dans les ouvrages Creating Regional Wealth in the Innovation Economy et Models, Perspectives, and Best Practices écrit ou co-écrit par Daniel Rouach.






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