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L'hôpital Hadassah, un îlot de paix


Jeudi 31 Décembre 2009

Par SOPHIE BÉLAÏCH
Pour Jerusalem Post, Edition Française




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Economie / Sciences»Article
L'hôpital Hadassah, un îlot de paix
Par SOPHIE BÉLAÏCH
30.12.09
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Si à l'étranger on parle d'Israël en des termes durs et accusateurs, une voix ne se fait pas suffisamment entendre, en dehors de toute politique : celle de l'hôpital Hadassah et de son équipe. "Un Cœur pour la paix" a été créé en octobre 2005. Objectif : rapprocher les peuples israélien et palestinien par la voie civile, celle de la santé et de l'éducation. Le Pr Azaria Rein explique : "Nous opérons des enfants palestiniens atteints de cardiopathies congénitales très souvent mortelles.


L'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem. Photo: DR , JPost
Photo: JFrench
Ces malformations cardiaques sont plus fréquentes qu'en Europe occidentale. Elles sont dues aux mariages consanguins, traditionnels dans les Territoires palestiniens et les pays avoisinants. Le coût moyen de chaque opération est de 12 000 euros." Or, contrairement aux Israéliens - toutes religions confondues - les Palestiniens ne bénéficient pas de couverture sociale et n'ont donc pas les moyens de financer de telles opérations. C'est là qu'Un Cœur pour la paix entre en jeu et partage la facture à parts égales avec l'hôpital Hadassah.

Premier facteur de pathologie : la consanguinité

Le programme s'articule autour d'un volet diagnostic et traitement, d'un volet formation et éducation, et d'un volet prévention. A ce jour, 217 enfants ont été pris en charge, soignés à Hadassah par des équipes médicales israélo-palestiniennes. Puis il est rapidement apparu nécessaire à l'équipe de mettre sur pied un programme de diagnostic en Judée-Samarie. Il s'agit de transférer le savoir et de former des médecins palestiniens aux techniques de pointe en matière de dépistage : l'échocardiographie et le cathétérisme interventionnel, pour opérer les enfants à cœur fermé. Là encore, Un Cœur pour la paix a décidé de prendre en charge la formation de médecins palestiniens et de leur attribuer une bourse mensuelle de 1 000 euros. Pour ces étudiants, aucun frais de scolarité.

L'association leur fournit ensuite un appareil portable d'échocardiographie, qui leur permet d'aller diagnostiquer les enfants dans les Territoires palestiniens.

Depuis la création de l'association, cinq personnes ont été ou sont encore en cours de formation au sein d'Hadassah. Parmi les plus anciens stagiaires, l'un d'entre eux est aujourd'hui spécialisé en matière d'échocardiographie et de cathétérisme interventionnel. Un autre médecin formé travaille actuellement à Djénine, d'où il transfère des patients à Hadassah et à l'association. Un Cœur pour la paix participe aussi à la création d'un réseau de contacts entre médecins israéliens et palestiniens, et ce au-delà d'Hadassah.

Dernier élément : l'association a décidé de s'investir dans l'information des familles sur les risques liés aux mariages consanguins. Depuis décembre 2008, une conseillère palestinienne en génétique a été embauchée dans ce but et parfait sa formation en cardiologie pédiatrique. Ses explications permettent de replacer les pathologies dans un cadre médical et de déculpabiliser les mamans. Ces dernières se sentent souvent coupables de la maladie de leur enfant, vécues comme une punition divine. Parfois, en lisant seulement le nom d'une famille, l'équipe médicale peut déjà savoir plus ou moins de quelle cardiopathie il va s'agir.

Un ennemi commun : la maladie

Selon la présidente de l'association, le docteur Muriel Haïm, "60 % des enfants soignés viennent de la bande de Gaza et 40 % de Cisjordanie". L'âge moyen des patients pris en charge est de sept mois, même si la moitié des enfants sont des nouveaux-nés. Certains bébés viennent à peine de naître. Les plus petits sont nés l'hôpital Hadassah à la suite d'un diagnostic prénatal de cardiopathie. Muriel Haïm rappelle qu'à Hadassah on voit souvent dans une même chambre deux mamans, israélienne et palestinienne, avec leurs enfants malades. C'est alors que "quelque chose se produit, de l'ordre de l'humain. La souffrance n'a pas de nationalité", note-t-elle.

"L'association fait un pari : celui de croire que lorsque l'on sauve un enfant, ses parents ne vous regardent plus de la même manière." Comme le dit une infirmière de l'hôpital : "Ici l'ennemi, c'est la maladie".

Une famille palestinienne dont la fillette a été opérée en 2005 a envoyé un mot de remerciements à l'équipe, en hébreu et en arabe, encadré par une gravure du Tombeau des Patriarches d'Hébron (lieu saint à la fois pour les Juifs et les Musulmans) : "Au nom de Dieu le Miséricordieux..., merci de tout cœur pour les soins dévoués que vous avez prodigués à notre fille, nous ne vous oublierons jamais, Hébron, la Ville-sœur."

Hadassah, une histoire ancienne

Au-delà de sa renommée internationale, l'hôpital Hadassah a une histoire riche et souvent mal connue, précédant même la création de l'Etat d'Israël. Initialement, Hadassah est une association de femmes américaines, créée en 1912 par Henrietta Szold, une Américaine sioniste socialiste. Aujourd'hui, 300 000 femmes américaines en sont membres, cotisent et participent aux actions de l'association. La première date de la Première Guerre mondiale. A l'époque, Juifs et Arabes manquent de lait à Jérusalem. Hadassah organise alors des "laiteries ambulantes" (des ânes portant le ravitaillement en lait) en trois langues : hébreu, anglais et arabe.

La devise d'Henrietta Szold, "ayez de grands rêves et, par des actions concrètes, faites qu'ils deviennent réalité", reflète bien l'esprit qui règne à Hadassah. Le travail de l'hôpital lui a d'ailleurs valu d'être nommée au Prix Nobel de la Paix en 2005.

Un Cœur pour la paix est une organisation non gouvernementale Loi 1901 soutenue, entre autres, par le ministère français des Affaires étrangères, la Commission européenne, des fondations, entreprises privées et de nombreux donateurs privés. Parmi les membres de son comité d'honneur : Bernard Kouchner, Jacques Attali, François Bayrou, Elie Wiesel, Dalil Boubakeur, Claude Evin. Très active médiatiquement, l'association affiche des frais de fonctionnement de 1 % seulement, preuve que l'argent collecté va directement aux enfants. Après avoir été invitée à l'Assemblée nationale en 2009, elle sera reçue au Sénat le 14 janvier prochain.

www.uncoeurpourlapaix.org










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