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La lettre diplomatique numéro 94 spécial Israël


Dimanche 4 Septembre 2011

La lettre diplomatique numéro 94 spécial Israël

Dans le numéro de ce mois, la Lettre diplomatique a fait un numéro exceptionnel sur Israël. Sciences, recherche, économie, relations bilatérales, coopération...sont abordés dans ce magazine spécialisé de qualité




La lettre diplomatique numéro 94 spécial Israël
 
S.E.M. / H.E. Yossi Gal



Source : La lettre diplomatique

Entre prudence et fermeté, un engagement sur tous les fronts

 

Au cœur d’un Moyen-Orient en plein bouleversement, Israël fait figure d’îlot de stabilité et de prospérité. Son adhésion à l’OCDE en 2010 a consacré la réussite de sa stratégie de développement économique. Pourtant, l’impasse du processus de paix avec l’Autorité palestinienne continue d’être sa principale vulnérabilité. Tout en resituant le contexte des avancées du dialogue stratégique amorcé avec Paris, S.E.M. Yossi Gal, Ambassadeur d’Israël en France, analyse pour nous les marges de manœuvre de la diplomatie israélienne face aux enjeux de la paix et du développement dans la région.

La Lettre Diplomatique : Monsieur l’Ambassadeur, la visite officielle effectuée le 4 mai 2011 à Paris par le Premier Ministre Benyamin Netanyahou a été l’occasion de réaffirmer les liens étroits entre Israël et la France. Comment définiriez-vous les enjeux du « dialogue stratégique » lancé entre les deux pays depuis 2008 ? Quelle nouvelle dynamique a-t-il permis d’imprimer aux relations bilatérales ?

S.E.M. Yossi Gal : Les échanges bilatéraux entre la France et Israël sont très riches. Au niveau politique, les visites d’officiels israéliens ne cessent de s’enchaîner depuis mai 2011. Depuis la visite de notre Premier ministre, ce n’est pas moins de sept délégations israéliennes, ministérielles ou parlementaires, qui sont venues en France, rencontrer leurs homologues. Dans le domaine de la défense, des Affaires étrangères mais aussi des finances, de l’environnement, l’éducation ou encore sur le plan judiciaire ou économique, les échanges entre nos pays couvrent tous les domaines d’actions et de décisions.
C’est vrai au niveau national mais aussi local. Nous voyons aujourd’hui se multiplier les échanges culturels et universitaires entre des villes israéliennes et françaises. Plus de soixante jumelages lient ainsi nos deux pays par des liens forts d’amitié et d’échanges. Les partenariats avec nos universités se renforcent. Un échange de savoir et de nos richesses respectives qui, à tous les niveaux, des Etats comme des citoyens, rapprochent davantage encore la France et Israël.
Je tiens, par ailleurs, à ajouter qu’à l’occasion du 5ème anniversaire de l’enlèvement du soldat franco-israélien Gilad Shalit, détenu par le Hamas depuis le 25 juin 2006, nous avons apprécié la position affirmée par la diplomatie française, et en particulier par le Président Nicolas Sarkozy qui a déclaré que « toucher à Gilad Shalit, c’est s’attaquer à la France. » Comme l’a souligné M. Alain Juppé, Ministre d’Etat et Ministre des Affaires étrangères, il « est à ce jour l’otage français qui a fait l’objet de la détention la plus longue. »

L.L.D. : Par la voix de son Ministre des Affaires étrangères, M. Alain Juppé, en visite en Israël et dans les Territoires palestiniens les 1er et 2 juin 2011, la France a proposé d’organiser une conférence de paix israélo-palestinienne. Comment accueillez-vous cette initiative ? A la lumière de l’échec du sommet organisé à Washington en septembre 2010, quelle pourrait être, selon vous, la contribution de la diplomatie française, et plus largement européenne, en vue d’une relance des négociations directes entre les deux parties ?

S.E.M.Y.G : Nous apprécions beaucoup la France. Nous pensons d’ailleurs que la France et l’Union européenne (UE) peuvent jouer un rôle important. C’est pourquoi nous discutons actuellement avec tous les acteurs internationaux, dont bien entendu les Etats-Unis, afin de mettre fin au conflit et non de le perpétuer.
Nous comprenons l’initiative française et saluons ses efforts pour relancer le dialogue direct entre nous et les Palestiniens. Mais le défi aujourd’hui, c’est le Hamas. Il existe un consensus à l’encontre de cette organisation, qui non seulement ne respecte aucune des conditions du Quartet mais est aussi considérée par l’Europe comme terroriste. L’autre défi, c’est la volonté d’Abou Mazen de préférer une reconnaissance unilatérale à des négociations avec Israël.
Nous avons énoncé clairement à la France et aux Etats-Unis, les points d’un accord-cadre entre Israéliens et Palestiniens : un futur accord de paix doit mettre fin au conflit et aux revendications palestiniennes à l’encontre d’Israël. Pour cela, Israël doit être reconnu comme l’Etat du peuple juif par les Palestiniens et le problème des réfugiés, trouver sa solution à l’extérieur des frontières d’Israël. Tout accord de paix devra répondre aux besoins sécuritaires d’Israël. Quant à Jérusalem, comme l’a déclaré notre Premier ministre aux Etats-Unis, « avec créativité et bonne volonté, une solution pourrait être trouvée ».
Autrement dit, toutes les questions, les frontières, Jérusalem, peuvent se résoudre, à condition qu’il existe une volonté réelle de mettre un terme au conflit. Notre sentiment, en Israël, c’est que cette volonté manque malheureusement à nos partenaires.

L.L.D. : La médiation française intervient alors que le Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abas, entend soumettre au vote de l’Assemblée générale de l’ONU, en septembre 2011, la reconnaissance d’un Etat palestinien. Comment appréhendez-vous les conséquences de ce projet sur le plan diplomatique ? Dans quelle mesure une déclaration unilatérale d’indépendance de l’Etat palestinien pourrait-elle entraver le processus de paix ?

S.E.M.Y.G : Nous, en Israël, pensons qu’il n’existe aucune autre alternative que des négociations directes pour parvenir à une paix réelle et durable. Cela a toujours été le cas, notamment avec les accords de paix signés avec l’Egypte ou la Jordanie. Une décision unilatérale, sans négociation, ne fera pas avancer la paix d’un iota.
La réalité, c’est qu’Israël est entièrement tourné vers la paix, cette paix que les Palestiniens ne veulent plus négocier. Une simple déclaration, à l’ONU, en septembre 2011, même reconnue par la majorité des pays du monde, ne peut imposer la paix.
Il faut d’abord régler les problèmes de base. Il faut créer la paix sur le terrain et pas seulement sur le papier. Il faut créer la paix entre nos deux peuples. Et pour cela il n’y a qu’une solution : les Palestiniens doivent revenir à la table des négociations.
Je pense qu’au sein même du gouvernement palestinien, il existe un débat interne. Car de nombreux responsables sont conscients que cette voie unilatérale peut davantage créer de problèmes que de solutions.

L.L.D. : S’exprimant le 24 mai 2011 devant le Congrès américain, le Premier Ministre Benyamin Netanyahou s’est déclaré prêt à des « compromis généreux », tout en rejetant l’idée d’un retour aux frontières de 1967, suggérée par le Président Barack Obama. Pourriez-vous nous rappeler quelles concessions votre pays serait prêt à réaliser et quelles en seraient les contreparties ?

S.E.M.Y.G : Notre Premier ministre a déclaré devant le Congrès américain en mai 2011, qu’il était prêt à des concessions douloureuses pour la paix, dans le cadre bien entendu des conditions établies par le Quartet. « Ce n’est pas facile pour moi », a-t-il expliqué, « car je reconnais que dans une paix véritable, nous devrons abandonner des parties de l’ancestrale patrie juive. Nous reconnaissons qu’un Etat palestinien doit être suffisamment grand pour être viable, indépendant et prospère », a-t-il ajouté.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Benyamin Netanyahou, nous avons fait de nombreux gestes pour inciter les Palestiniens à revenir à la table des négociations. Parce qu’il ne faut pas seulement espérer, mais agir pour la paix. L’Etat d’Israël a pris des mesures concrètes pour améliorer la qualité de vie et de circulation des Palestiniens, soutenir l’économie palestinienne. Le gouvernement a engagé la confiance du peuple d’Israël en déclarant pour la première fois un gel des implantations de près d’un an ! En se prononçant aussi dès son élection, pour la première fois publiquement, pour la création de deux Etats nations, juif et palestinien, notre Premier ministre a multiplié des gestes de confiance et de paix sans précédents de la part d’aucun autre gouvernement israélien pour prouver son engagement.
Mais aujourd’hui, l’attitude de l’Autorité palestinienne s’inscrit dans un refus systématique inquiétant de toute initiative de paix proposée par Israël.

L.L.D. : En dépit des désaccords concernant les frontières du futur Etat palestinien ou, auparavant, sur le gel de la colonisation en Cisjordanie, le Président Barack Obama a réaffirmé les « liens inaltérables » entre Israël et les Etats-Unis. Quel regard portez-vous sur l’incompréhension entre les gouvernements israélien et américain concernant les modalités du processus de paix ?

S.E.M.Y.G : Les relations qui lient Israël aux Etats-Unis sont extraordinaires. Elles sont faites de cœur, d’amitiés et d’une grande compréhension mutuelle. Nous sommes chacun à notre façon des peuples pionniers tournés vers l’avenir.
Nous sommes fiers d’avoir de tels liens avec l’ensemble de la classe politique américaine, les communautés juives bien entendu, mais aussi avec le peuple américain. Nous nous sentons proches. N’est-ce pas cela l’amitié ? Il y a parfois des différends entre nous, que nous avons la franchise d’affronter. C’est aussi la preuve de notre amitié.

L.L.D. : Le Premier Ministre Benyamin Netanyahou a qualifié de « coup dur pour la paix » l’accord parachevé le 4 mai 2011 entre les deux principales forces politiques palestiniennes, le Fatah et le Hamas, en vue de la formation d’un gouvernement transitoire. Alors qu’il entérine la fin de la division politique entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, comment percevez-vous les motivations de cet accord ? Vous semble-t-il envisageable que l’influence du Hamas et de ses revendications extrémistes à l’égard d’Israël, ne soit affaiblie à l’issue des élections palestiniennes prévues en 2012 ?

S.E.M.Y.G : Comme l’a déclaré notre Premier ministre, après son entretien avec le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, le 5 mai 2011, « l’unité palestinienne n’est pas une unité pour la paix. » La réalité est malheureusement à la fois limpide et triste. Le Hamas affirme toujours haut et fort qu’il poursuivra les actions terroristes, ne reconnaîtra jamais Israël et ne fera jamais la paix avec nous. C’est exactement le contraire des conditions du Quartet établies par la communauté internationale.
La réconciliation de papier entre le Fatah et le Hamas ne réunit pas les conditions de la paix avec Israël. Les dirigeants palestiniens doivent aujourd’hui faire des choix clairs : soit choisir la paix avec Israël, soit se jeter dans les bras de l’extrémisme du Hamas et de l’Iran.

L.L.D. : A l’image de l’Egypte et de la Syrie, votre pays est directement concerné par les soulèvements populaires en cours dans plusieurs pays arabes. Quelle évaluation faites-vous de ses effets sur l’environnement géopolitique de votre pays et sur le conflit israélo-palestinien ? Comment expliquez-vous la prudence du gouvernement israélien à l’égard de ces révoltes et des aspirations démocratiques dont elles se réclament ?

S.E.M.Y.G : Nous, en Israël, qui défendons chaque jour les valeurs des droits de l’homme, l’égalité entre hommes et femmes, la liberté d’expression et la justice, soutenons tous les mouvements allant dans le sens de la démocratie, d’une plus grande ouverture des pays arabes envers l’Autre et envers Israël en particulier.
Mais personne encore ne peut présager de l’avenir. Sera-t-il bon ou mauvais ? Pour les peuples arabes, pour le monde ou pour Israël ? Personne encore ne peut le savoir.
Par contre, ce que nous connaissons aujourd’hui, ce sont les raisons de ces révoltes : la corruption des régimes en place, la répression systématique des libertés et les conditions économiques, ont été des facteurs majeurs qui ont motivé, mobilisé cette jeunesse arabe à l’origine de ces mouvements populaires.
Cette jeunesse qui représente la majeure partie des populations arabes, souhaite emprunter cette voie démocratique que les nouveaux médias leur montrent chaque jour en Occident. Une vie quotidienne meilleure, un emploi, davantage de libertés, voilà les valeurs démocratiques que réclament avec courage, des hommes et des femmes, en Syrie, en Libye, en Iran, au Yémen, en Tunisie, en Egypte…
Mais d’un autre côté, les dangers sont faciles à identifier. Ce sont d’abord les éléments intégristes qui sont déjà là, aux aguets, organisés, mobilisés, prêts à bondir pour utiliser cette situation de transition fragile à leur profit.

L.L.D. : Partisan d’un « nouveau Moyen-Orient », le Président Shimon Pérès a souligné les opportunités que recèle cette « ère de changement ». Considérant les liens noués avec plusieurs Etats du Golfe, dont le Qatar, comment pourraient-elles être mises à profit pour renforcer les synergies de coopération entre Israël et son voisinage ? L’Union pour la Méditerranée (UPM) constitue-t-elle à cet égard un cadre propice au développement, notamment dans des secteurs techniques comme la gestion des ressources en eau ?

S.E.M.Y.G : Comme l’a déclaré notre président Shimon Peres à Washington en avril 2011 : « Nous pensons que le réveil dans le monde arabe est une grande occasion et que nous devrions faire tout ce que nous pouvons pour aider ceux qui sont à la recherche de la liberté et de la dignité dans leur vie ».
Le projet d’Union pour la Méditerranée pourrait contribuer à faire avancer des projets concrets, capables de créer une réalité nouvelle qui changerait les mentalités sur le terrain. Dans les domaines de l’énergie, de l’environnement, de l’enseignement, de la culture, de l’éducation notamment, afin de construire un monde méditerranéen prospère et de faire cesser toute forme d’incitation à la haine.
L’UPM chère au Président Sarkozy est une initiative française que nous soutenons depuis sa création. Nous sommes prêts à travailler avec la France et l’UE en vue de l’idée noble d’une Méditerranée unie par des liens commerciaux avec l’Europe qui développe les échanges entre les peuples et contribue à bâtir une région meilleure pour nous tous.

L.L.D. : Alors que les tensions tendent à se multiplier à la frontière israélo-syrienne, le régime du Président Bachar El-Hassad est de plus en plus critiqué pour la répression des manifestations dans le pays. Comment appréhendez-vous l’instabilité croissante de la Syrie ? Tenant compte des liens que celle-ci entretient avec le Hamas d’une part et le Hezbollah au Liban d’autre part, quelles pourraient en être les répercussions pour Israël en termes de sécurité ? Plus largement, l’émergence d’un axe Ankara-Damas-Téhéran résulte-t-elle de la rupture du partenariat stratégique israélo-turc ?

S.E.M.Y.G : La France est en première ligne pour dénoncer aujourd’hui les pouvoirs tyranniques en Syrie et en Libye. Des régimes qui, comble de l’horreur, massacrent leur propre population pour se maintenir au pouvoir.
Prête à tout, et surtout au pire, la Syrie tente de semer le chaos dans la région comme nous le voyons sur le plateau du Golan, où son armée favorise le trouble et l’agitation à la frontière avec Israël. L’influence grandissante du Hezbollah sur le pouvoir politique et militaire au Liban est aussi pour nous une source d’incertitude.
Concernant la Turquie, Israël espère sincèrement pouvoir écrire une nouvelle page, « avec l’espoir de voir revivre l’esprit d’amitié, qui se perpétue depuis des générations », comme l’a déclaré notre Premier ministre. Nous ne souhaitons entretenir aucune tension avec la Turquie. Nous ne sommes pas à l’origine de la détérioration de nos relations. La diplomatie pourrait aisément résorber ses dissensions bien plus sûrement qu’entretenir certaines provocations entre nous.


L.L.D. : En dépit des avancées que suscite le « printemps arabe », votre pays a mis en garde contre la capacité de nuisance de l’Iran, dont le démantèlement du programme nucléaire reste la priorité de la politique étrangère israélienne. Compte tenu de l’affaiblissement du régime syrien, quelles sont, selon vous, les marges de manœuvres de Téhéran pour influer sur ces bouleversements ? Quelle est votre perception des capacités de pression de la communauté internationale sur Téhéran ?

S.E.M.Y.G : L’Iran continue de représenter une menace réelle pour notre région et la paix mondiale. Il tente actuellement d’exporter son idéologie dans les pays arabes et le Golfe persique. Le pouvoir iranien tente de déstabiliser notre région en armant, surarmant même des organisations terroristes. Le navire intercepté en haute mer par notre Marine, en mars 2011, prouve la volonté iranienne d’agir contre la paix en fournissant des armes au Hamas et au Hezbollah.
L’Iran arme les ennemis de la paix dans notre région et chacun aujourd’hui sait qu’un Iran doté de capacités nucléaires est inacceptable et présente une menace pour l’ensemble de notre région. La communauté internationale, et plus précisément la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis doivent poursuivre une politique de sanctions sévères afin de transmettre un message clair aux Iraniens : le monde libre ne tolérera jamais l’attitude guerrière et déstabilisatrice de l’Iran.
Le régime iranien ne veut pas seulement « rayer Israël de la carte » mais abolir toutes les libertés dans son pays. Depuis deux ans, nous assistons à une répression sanglante des mouvements de révolte de la jeunesse iranienne, ainsi qu’à une régression des libertés des droits humains élémentaires.
Nous partageons le sentiment du Ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé. Israël comme la France ne peuvent rester silencieux. Car « ces valeurs universelles, défendues si courageusement par les peuples de la région jusqu’en Iran », sont aussi celles de la France et d’Israël.

L.L.D. : Fort du rôle historique que joue la Russie au Moyen-Orient, le Premier Ministre Benyamin Netanyahou s’est rendu en visite officielle à Moscou en mars 2011. Tenant compte des relations économiques qu’elle partage avec l’Iran et la Syrie, quelles sont vos attentes à l’égard de la Russie en vue de consolider la stabilité régionale ?

S.E.M.Y.G : La Russie est un pays très important, membre du Quartet et du Conseil de sécurité. Le poids de la Russie sur la scène internationale n’est pas à négliger. Au Proche et Moyen-Orient, les relations qu’elle a bâties en font un acteur incontournable. Les objectifs de la communauté internationale à l’égard de l’Iran ne sont pas en contradiction avec les intérêts russes. C’est pourquoi aujourd’hui, la Russie, comme la Chine, accompagnent les sanctions votées à l’ONU contre le pouvoir iranien.

L.L.D. : Près de dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, l’annonce le 2 mai 2011 de la mort du chef de l’organisation terroriste Al-Qaïda, Oussama Ben Laden consacre un tournant majeur de la lutte contre le terrorisme. Comment décririez-vous la portée de cet événement sur les mouvances islamistes ainsi que sur les opinions publiques au Moyen-Orient ? Les révoltes dans les pays arabes sont-elles, de votre point de vue, le symbole de l’échec du fondamentalisme religieux prôné par Al-Qaïda comme le suggère certains dirigeants occidentaux ?

S.E.M.Y.G :
Israël comme le reste du monde occidental remercie les Etats-Unis. La mort du géniteur d’Al Qaida est une victoire importante dans la lutte contre le terrorisme. Mais ce n’est, hélas, qu’une bataille remportée. La guerre contre le terrorisme, le fanatisme et l’intégrisme n’est pas encore gagnée. Les mouvements de révoltes du printemps risquent toujours d’être manipulés par des mouvements politiques aux objectifs totalement antidémocratiques. En France, le niveau d’alerte anti-terroriste est toujours très élevé. Preuve qu’aujourd’hui encore, le terrorisme est un danger réel que nous devons tous affronter.

L.L.D. : En dépit de ce contexte difficile, l’économie israélienne fait preuve d’un fort dynamisme avec une croissance de plus de 4% en 2010. A quels facteurs attribuez-vous ces performances ? Quelle nouvelle donne peut impliquer la découverte de gisements gaziers au large des côtes israéliennes tant au plan économique que stratégique ? Comment qualifieriez-vous les atouts de l’adhésion de votre pays à l’OCDE en termes d’amélioration de la gouvernance économique et d’échanges d’expertise ?

S.E.M.Y.G : L’économie israélienne a connu une croissance de près de 4,7 % en 2010, soit presque deux fois plus que la moyenne des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économique). Le dernier trimestre 2010 a même vu une hausse record de 7% !
Mais les succès de l’économie israélienne ne relèvent pas du miracle. Ils sont le résultat de politique économique, monétaire, budgétaire volontaires, de choix avisés tournés vers l’innovation décidés par nos gouvernements respectifs. Israël investit chaque année près de 6% de son PIB dans la recherche. La place centrale donnée à l’éducation et la formation, à l’investissement massif dans des start-up, à la recherche et le développement qui représentaient hier de véritables défis, apparaissent aujourd’hui comme une réussite reconnue dans le monde entier. Autrement dit, ce sont des choix stratégiques qui permettent à Israël de surmonter la crise économique mondiale. C’est dire, combien notre adhésion en 2010 à l’OCDE est le signe de la reconnaissance d’Israël comme l’un des moteurs de l’économie mondiale et technologique.
Pour répondre à votre question sur l’énergie, nous sommes à la première étape du développement des gisements gaziers que vous mentionnez. Ils pourraient représenter un atout supplémentaire pour notre économie, car Israël dispose de peu de ressources. En fait sa richesse, c’est son peuple. Nous ferons tout bien entendu pour développer ces nouvelles ressources énergétiques, mais non au dépends de nos investissements en recherche et développement. De plus, un consensus s’est formé dans notre pays pour tendre vers une plus grande prise en compte des enjeux environnementaux. Cette prise de conscience s’est aussi accentuée depuis notre adhésion à l’OCDE. Nous nous sommes ainsi fixé pour objectif de faire passer à 20% la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité d’ici 2020.

L.L.D. : Lors de son intervention le 4 mai 2011 à la Chambre de commerce et d’industrie franco-israélienne (CCFI), le chef de la diplomatie française, M. Alain Jupé, a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les liens économiques et commerciaux entre Israël et la France. A l’instar de la « Journée franco-israélienne de l’innovation » qui se tiendra le 5 décembre 2011, dans quels autres secteurs souhaiteriez-vous voir se développer le rapprochement entre les entrepreneurs des deux pays ? Comment les liens culturels, avec une forte communauté francophone dans votre pays, et les programmes de coopération universitaire peuvent-ils participer de cette dynamique ?

S.E.M.Y.G. : L’entente entre la France et Israël marquée par des relations bilatérales dynamiques se renforce chaque année davantage. Les liens culturels entre la France et Israël sont nombreux et réguliers, et empreints d’une admiration commune pour la qualité de nos artistes respectifs.
En 2011, la culture israélienne brille encore sous le ciel de France. Le Festival de Cannes a récompensé du Prix du meilleur scénario le réalisateur israélien Joseph Cedar pour « Footnote ». Le Musée du Louvre consacre pour la première fois une installation artistique d’envergure à l’œuvre contemporaine de l’artiste Michal Rovner. Les succès de la littérature israélienne en France ne cessent aussi de se confirmer, comme le montre la tournée française du célèbre écrivain David Grossman, pour promouvoir ses livres traduits en français. La participation d’Israël aux Designer’s Days est tout aussi notable. Ce sont autant de signaux qui témoignent de l’attachement de nos pays à la culture de nos deux peuples.
Sur le plan économique, je partage l’avis du Ministre de l’Industrie, M. Eric Besson : le volume des échanges entre nos deux pays est insuffisant ! Nous souhaitons multiplier par deux le volume des échanges d’ici cinq ans. En 2010, les ventes françaises en Israël s’élevaient à 1,5 milliard de dollars et les exportations israéliennes vers la France à 1,25 milliard de dollars.
Des secteurs comme l’informatique, la biotechnologie, les énergies vertes sont des secteurs d’avenir, privilégiés en Israël et dont la France fait aujourd’hui ses priorités. L’esprit d’innovation israélien pourrait permettre à nos deux pays de faire mieux. C’est pourquoi les rencontres entre entrepreneurs français et israéliens doivent se multiplier. Au-delà des rencontres politiques, nos liens culturels, économiques, historiques sont réels mais doivent se renforcer. Il en est de l’intérêt de nos deux pays, de nos deux peuples.

 
 
 
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