Connec'Sion - Professionnels High-Tech Juifs de France
Inscription à la newsletter







Partager

Massada ou une saison au paradis


Lundi 21 Juin 2010

Notre amie Josiane Sberro a eu le bonheur d'assister à Nabucco à Massada, elle nous en dresse un vibrant témoignage.




Massada ou une saison au paradis
Massada ou une saison au paradis

Salon 2009 du tourisme au Palais des Expositions de Paris. L’ONIT (office du tourisme israélien) y offre une prestation un peu particulière.

A grand renfort de tracts et de relances informatiques des invitations sont lancées à la presse spécialisée, pour assister sur le stand à une avant- première musicale en présence des solistes de l’Opéra de Tel-Aviv.

Pour fêter les 25 ans d’âge de l’Opéra de Tel-Aviv-Yafo, Israël crée son premier Festival International d’opéra,

Pour lancer une telle opération, le choix de l’œuvre et du lieu n’est pas neutre. Nabucco de Verdi au pied de ce haut lieu de la mémoire ancestrale : Massada !

Le premier frémissement de ce Festival à Paris laisse planer le doute. Après une présence symbolique, nombre de journalistes quittent le stand, créant chez les organisateurs un vague un sentiment de déconfiture.

Mais Alea jacta est. Il reste quelques mois et d’excellents documents de diffusion pour donner sa véritable dimension à l’événement.

Le 3 juin l’avion au départ de Paris est complet. Arrivée à 4h du matin et transfert dans les plus beaux hôtels de la Mer Morte. Succession d’autobus pour ce transfert qui annonce une belle participation de l’étranger.

Samedi soir, somptueux coucher de soleil sur la Mer Morte en attendant - Israël oblige- la sortie du shabbat pour atteindre le but du voyage.

Une cohorte d’autobus attend les festivaliers au pied des hôtels qui affichent tous complet. Les spectateurs israéliens sont logés plus loin à Arad, les étrangers ont donc répondu présents en nombre, et c’est déjà du bonheur. On parle de 30 000 participants.

Nabucco en Israël. C’est un peu la crainte entre la superbe mise en scène du Festival d’Orange et la réalisation plutôt « Kitsch » du Stade de France. Que vont-ils en faire ici ?

Allons-nous assister à une appropriation de cette œuvre où souffle le vent de la révolte individuelle, politique et théologique à la fois ? Œuvre certes juive mais tellement identifiée au Risorgimento de l’Italie colonisée.

Les échanges sur le trajet laissent filtrer l’incertitude mêlée au bonheur toujours authentique de se retrouver pour une nuit au pied de Massada.

De loin sur la route on aperçoit dans la nuit du désert une immense lueur au pied de la montagne. C’est sûrement là-bas, les doigts pointent l’horizon illuminé, l’excitation fait des vagues. Chacun y va de sa supputation.

L’arrivée se fait dans une immense clameur d’étonnement.

Dans le clair obscur se détache la blancheur éclatante des hauteurs calcaires environnantes.L’immense étendue du camp romain est devenue forum Babylonien. Colonnades, gigantesques reproductions de stèles assyriennes et de bas reliefs si connus de nos livres d’histoire.

Nuit désertique et étoilée, blancheur des reliefs et gigantisme du décor, le dépaysement est absolu.

Nous sommes invités au voyage. La beauté la majesté du décor sont accrus par l’obscurité désertique ambiante. C’est un îlot d’évasion. Tables, canapés, fauteuils sont ainsi dispersés sur l’étendue de cette ville étrange. A la disposition du public un confort inattendu.

Les organisateurs n’ont rien négligé du rappel historique et de l’esthétique. Deux heures durant avant le spectacle, les festivaliers se rencontrent échangent, se regroupent aux buvettes,font connaissance et se renseignent sur les attentes confortablement installés dans ces salons de plein air.

Immenses melting-pot de langues et de parcours dans une permanente et simple amitié. Les prospectus ont prévenus : Tenues simples et chaussures de marche seront de rigueur!

Les toilettes sont restées dans les valises et la simplicité vestimentaire ajoute au côté festif. On est bien là « à l’israélienne » pour gouter la musique sans les habituels artifices de circonstance.

Ici on le sent bien,la culture n’est pas comme partout ailleurs, un luxe réservé à quelques privilégiés.

Cher public vous avez eu le temps du repos et de la détente à présent il est temps de regagner vos sièges annoncent les hauts parleurs.

Quatre mille spectateurs pour la plupart étrangers à la langue à l’écriture du pays, se dirigent vers « l’arène » au son du Concerto Brandebourgeois. L’organisation est magistrale et sans faille. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, tous ont retrouvé et regagné leur place sur les gradins de l’immense amphithéâtre sans le moindre secours.

C’est la découverte de la scène immense au pied de Massada incrustée dans les flancs de la montagne. Le décor est simple deux escaliers monumentaux de part et d’autre de la scène.

L’excitation est à son comble. La nuit absolue se fait et les hurlements d’un très jeune bébé trouent le silence. Sans doute de jeunes parents mélomanes qui n’ont pu résister à participer à un tel événement. Eclat de rire gigantesque car tout se passe ici dans une conviviale amitié.

Le calme est revenu ; dans un cercle de lumière apparaît le maître de ces lieux : Daniel Oren l’un des grands chefs israéliens directeur aujourd’hui du Verdi Opera House d e Salerne. Kippa sur la tête, dans la fosse il fait face au public pour annoncer :

« Ce soir en ces lieux pétris de sens pour notre peuple, nous allons ensemble leur redonner un souffle vie. Du haut de cette montagne notre histoire nous interpelle, et notre réponse ne saurait trahir ».

Au même moment il est vrai,Israël vit un sentiment de solitude absolue; une situation de mise à l’index des opinions publiques internationales. Mais le public est là, uni et convaincu que l’âme du pays vibre au sommet de cette montagne.

Les difficultés vécues du moment ajoutent à la solennité de la profession de foi en ce lieu symbole de résistance à l’oppression.

Ce sera un Nabucco décidément bien particulier.

Dès l’ouverture l’envolée de l’orchestre rassure : ce sera du meilleur cru ! Un frémissement parcourt les gradins aux premières notes du thème musical.

Un décor des plus créatifs pour maintenir la suggestion et l’émotion, une direction enlevée convaincue magistrale, une formation orchestrale magnifique des chœurs de très haute volée et des Solistes…. Ah !! Abigaïl quelle merveille !! Sans oublier ses partenaires.

Sous ce ciel profond du désert, au pied de cette montagne magique, la musique et le livret de cet opéra si parlant à l’âme juive, font de l’événement un inoubliable moment de fusion du cœur et de l’esprit.

Nabucco envahit le temple et Massada s’embrase en un gigantesque jeu de lumière rouge feu. Abigaïl maudit les juifs et leur dieu. Un gigantesque rayon laser part de la scène et troue l’immensité du ciel jusqu’à l’infini...

Mi ôlam le ôlam traduit le texte en hébreu.

Le chœur des Hébreux mugit enfin. 4000 paires de mains applaudissent à tout rompre. La musique s’arrête..

Nous n’allons pas comme en Italie préciser au programme Nabucco sans bis du chœur des hébreux. Ici de la haut nos pères nous entendent et se réjouissent avec nous. Pour leur bonheur et le notre.nous allons le refaire !

Tonnerre d’applaudissements d’un public enthousiaste. Le chœur reprend avec douceur puis crie sa douleur au bord de l’Euphrate. Nouvelle interruption.

Voyez vous- reprend le chef – nous avons senti à votre vibration que ce moment était unique. Nous sommes unis par la même passion d’être au pied de cette montagne symbolique; aussi à titre très exceptionnel, nous allons reprendre une dernière fois ce chœur pour l’incruster à Massad ; mais cette fois, vous allez tous le chanter avec nous, dans la langue que vous connaissez, peu importe, nous le portons ensemble.

En hébreu comme en Italien le public accompagne le Va pensiero.
Jamais comme en cet instant le « ma patrie si belle et si abandonnée » n’avait atteint une telle intensité.

Hurlements de joie mêlée de larmes, le public est debout, transfiguré.

Daniel Oren est un très grand chef à l’autorité incontestable ; il réussit à soulever l’enthousiasme du public puis à reprendre le cours des choses, du livret, de la musique.

On ne peut sortir indemne d’une telle soirée.

Un immense Festival qui aura sa place parmi les grands événements internationaux, pour peu que des circonciseurs de la haine ne viennent encore assombrir l’horizon.

Bravo à l’Opéra d’Israel dont on ferait bien de parler un peu à l’étranger pour ses performances.

Le véritable Israël vivant en paix est l’Israël de Nabucco et non l’Israël de la flottille.

Vive le « Israeli Opera at Massada Dead Sea ».

Vive le minuscule Conseil Général « Tamar » de la Mer Morte capable d’assumer une telle œuvre.

Vive Aïda prévu pour 2011 où nous serons encore plus nombreux!

Josiane Sberro








Internet : nos favoris | Arts Plastiques | Cinéma et Théatre | Littérature | Musique | Histoire | Gastronomie




KIKAR HABUSINESS

Derniers connectés
Jerusalem Immobilier JERUSALEM IMMOBILIER
Deborah HOSATTE
IDEAL Immobilier JÉRUSALEM
Ronny RUBIN
YAELLE AMSELLEM
Catherine ADIDA
David LEVENS
Jean-Luc MORDOH
Sografik SOGRAFIK
Yohan COHEN