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Propension à l'innovation : comment expliquer les différences entre pays ?


Jeudi 23 Décembre 2010

A la base de toute innovation : la recherche fondamentale, mais également le talent propre à chaque pays pour faire des découvertes scientifiques les mines des futures applications qui détermineront la téchnologie de demain. Loin d'être simple, ce transfert est organisé par les pays développés sous l'égide du modèle de l'incubateur mais celui-ci recouvre selon les pays une réalité fort différente. La culture, les choix économiques de financement, les institutions qui les chapotent sont souvent déterminants sur la capacité réelle d'un pays à innover en permanence et à faire survivre les entreprises qui utilisent les nouvelles technologies. Le Pr. Daniel Rouach, de l'ESCP Europe et également créateur d'Israël Valley, analyse les différents modèles mis en place par des pays à forte capacité d'innovation : USA, Israël, France et met en lumière les atouts et faiblesses des différents pays.




Titre original : France vs Israël. Le dernier livre du Pr Rouach sur les incubateurs montre le fossé entre les deux cultures d’innovation.
Source : nanojv
Pour plus de renseignement : Pr. D Rouach

Dans son dernier ouvrage collégial sur les incubateurs (*), Daniel Rouach, fondateur d’Israel Valley (ici) et Pr à l’ESCP-Europe passe au crible les incubateurs de 6 pays. Les USA sont les grands inspirateurs de ce processus d’innovation désormais planétaire. Pour autant les déclinaisons du concept d’origine diffèrent parfois radicalement d’un pays à l’autre. Israël et la France sont deux exemples extrêmes et pour ainsi dire opposés. Ne serait-ce que sur les dernières tendances: Israël ne jure plus que par la privatisation quand la France mise sur le grand emprunt pour booster ses incubateurs.

Israël a pour sa part adopté le modèle d’incubation américain au début des années 90, en le modifiant sensiblement. La priorité était de transformer le potentiel humain de l’immigration russe en avantage compétitif économique. La vision israélienne fut de tout miser sur des projets totalement nouveaux à l’exclusion de toute incrémentation de produits ou de technologies déjà existantes.

On parle d’une idée neuve, unique, portée par la recherche et développement, orientée sur un produit avec un vrai marché à l’arrivée. Voila pour le concept israélien. Donner une chance aux projets trop risqués pour l’investissement privé. Financer les plus viables, les accompagner en injectant une dose massive de culture et d’expertise entrepreneuriale. Puis passer le bébé aux capitaux-risqueurs dès que la preuve de concept a été faite.

Il est rappelé au passage que le capital risque israélien a été lancé au début des années 90 par le gouvernement grâce au succès du fonds de fonds Yozma. L’impression qui ressort du chapitre est un vaste effort collectif au service du succès - gouvernement, université, armée, industrie, capital-risque- au delà parfois des frontières nationales puisque des organisations comme l’Agence Juive ou l’Organisation Sioniste Mondiale ont, dès l’origine, apporté leur soutien aux incubateurs.

Changement d’approche en France. Daniel Rouach s’amuse en préambule en citant Georges Bush « the problem with the French is that they don’t have a word for Entrepreneur ». (Les français n’ont pas de mot pour dire « entrepreneur »). Du second degré bien sûr, pour mieux souligner les freins structurels et culturels , parfois très anciens, à l’incubation.

Les pépinières des années 80 furent également inspirées des incubateurs américains, mais pour la reconversion de sites industriels et protéger l’emploi dans les régions. Le nouveau concept visant à inciter les chercheurs à créer leur start-up ne fut lancé qu’en 1999. Si la France occupe un rang comparable aux autres pays européens en matière d’investissement en R&D, elle dépose in fine de beaucoup moins de brevets (-20%) et s’oriente donc moins vers la commercialisation.

Les start-ups françaises se heurtent par ailleurs au phénomène du « plafond de verre ». D’une part les entrepreneurs redoutent une perte de contrôle en s’ouvrant aux investisseurs pour financer leur développement. D’autre part, au delà d’une taille critique de 50 employés, les PMEs entrent dans des zones de turbulences administratives assez dissuasives. Les auteurs rappellent enfin que la fertilisation croisée facteur de succès de l’innovation, reste faible en France à l’image d’un système universitaire souvent fragmenté au détriment de l’interdisciplinarité.

Pour autant les initiatives volontaristes menées au niveau local, régional et national portent leurs fruits, même si le capital-risque traîne les pieds. L’ouvrage met par exemple en exergue le succès de l’incubateur « BIC » (ici) à Montpellier spécialisé dans les sciences de la vie et les technologies de l’information et capable de mener des échanges avec les USA et la Chine. Ou encore « Paris Pionnière » (ici) dans la capitale et « Atlanpole » (ici) à Nantes. Le chapitre France se clôt donc sur une note optimiste avec le grand emprunt et le lancement de 12 SATT, les sociétés d’accélération du transfert de technologie, promettant enfin l’arrivée aux commandes des fonds de capital-risque.








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